Comment accompagner nos ados?

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Quelques remarques générales

« Depuis qu’il va au collège, je dois « tirer » chaque mot de sa bouche ». « Ma fille est toute de suite agressive quand je lui demande quelque chose, elle ne me parle plus comme avant ».

Nous n’y croyons peut-être pas trop, mais nos ados communiquent justement beaucoup! Avec leurs copains et copines en tous cas. Nous pouvons entendre un bip par minute venant de leur mobile, car ils communiquent toute la journée sur Facebook, Snapchat, Instagram, Facetime, Twitter, ou via la fonction « chat » des jeux en ligne…

Les amis de nos ados entendent donc toutes les histoires, y compris les éclats de rire, puis les parents doivent se contenter d’un mot ou deux de temps en temps accompagné de beaucoup de soupirs, des « bof » ou encore des « Pfffff ». Ceci est tout à fait normal. Les recherches montrent que le contact social entre ados est très important pour leur développement et que les ados se tournent d’avantage vers le monde extérieur pour développer cet aspect de leur vie, tout en cherchant une véritable indépendance.

Les ados sont donc dans une phase de leur vie où ils se mettent eux-mêmes et leurs amis au centre de tout. Ils veulent résoudre leur propres problèmes, prendre leurs propres décisions, tout en allant jour par jour, pas à pas, vers l’âge adulte. Et dans ce voyage, l’ado aime être traité comme un adulte. En même temps, cette période de sa vie est remplie de confusion, d’incertitudes et d’incompréhension. Car l’ado est aussi encore enfant, qui a besoin de limites et de l’accompagnement de ses parents.  En même temps, il demande plus de liberté et souhaite prendre ses propres responsabilités. Et dans tout ça, l’ado a un besoin énorme de reconnaissance, d’être vu, d’être valorisé, d’être entendu. Tout comme un adulte, quoi !

Quand les parents ne comprennent pas ce changement important, il est très difficile voire impossible pour eux de garder un lien de qualité avec leur ado. Un système dans lequel les parents déterminent et imposent toutes les règles ne fonctionne plus. Trop de liberté pour l’ado ne fonctionne pas non plus. Pour les parents il est donc important d’établir une nouvelle forme de communication, sincère, d’adulte à jeune adulte. La difficulté principale est que les ados sentent parfaitement quand les adultes ne sont pas sincères, quand ils ne suivent que leur propre agenda d’influence ou quand ils prêchent « leur vérité » sans s’intéresser réellement à l’ado. Cela donne des réponses monosyllabiques, des soupirs ou pire…

Comment parler avec nos ados ?

Bien parler avec un ado n’est pas une science… plutôt un art ! Mais un art que tout le monde peut apprendre avec un peu de bon sens et beaucoup de bonne volonté. De toute façon, si notre approche ne fonctionne pas bien, autant essayer n’importe quoi d’autre, n’est-ce pas ?

Pour bien parler avec nos ados, l’idéal est de parler souvent et d’une façon naturelle avec son enfant dès le plus jeune âge. Il racontera assez facilement ce qui se passe dans sa vie, à l’école, avec ses amis et il cherchera notre approbation et nous pouvons le guider. Quand nos enfants sont jeunes, nous pouvons assez facilement imposer notre vision des choses, ils l’adopteront assez naturellement.

Par la suite, il convient de commencer à changer notre style de communication au moment de la préadolescence (entre 8 et 13 ans environ). C’est le moment de réduire le style « prêchant », « expliquant » ou « paternel/maternel » pour favoriser un style plus « adulte ».

Et même si on a un peu raté le bateau, il n’est jamais trop tard pour mettre en place les suggestions suivantes :

  1. Prendre son temps

Dans notre vie actuelle, nous sommes sollicités non-stop par notre travail, nos activités, notre téléphone, notre ordinateur, les autres enfants, nos amis, le ménage,… Ceci est encore plus le cas si nous assurons seul(e) une grande partie de l’éducation de nos enfants.  Nous avons donc naturellement tendance à oublier de vraiment prendre tout notre temps pour parler avec nos enfants et surtout avec nos ados. Ces derniers ne font que nous copier sur notre comportement en se surchargeant à leur tour d’activités, ou en passant leur temps sur leur téléphone ou derrière leur ordinateur, tout en évitant de communiquer sur les choses importantes.

  1. Comment commencer ? Savoir choisir le bon moment et les bons mots

Si l’ado n’a pas envie de parler, inutile d’insister. Il faut savoir être patient en tant qu’adulte !  Le bon moment pour parler avec un ado arrivera et on peut le créer avec un peu de délicatesse. Commencez par exemple avec un compliment par rapport à son look ou vis à vis de ses résultats scolaires ou sportifs, ou suite à quelque chose d’intéressant qu’il a dit.

Une alternative consistera à faire quelque chose ensemble, car ça aussi, c’est donner de son attention : aller au cinéma, prendre un thé dans un café, faire un billard, jouer au foot, courir dans la forêt, etc… L’idée est de se retrouver que tous les deux et de signaler à l’ado par notre langage non-verbal que nous sommes entièrement à son écoute.

Les évènements de la journée à l’école, une simple chanson à la radio, ou une émission télé peuvent tous être des points de départ naturels pour une conversation avec notre ado. Par exemple, une chanson rap particulièrement misogyne peut être le début d’une conversation autour de la sexualité et un article de presse au sujet de la disparition d’une jeune peut mener à une discussion sur la sécurité sur internet.

Parfois il arrive aussi qu’un ado se mette à parler tout seul, sans incitation, car il en a besoin. A ces moments, il convient de remarquer qu’il montre ce besoin de parler et de se mettre tout de suite à sa disposition si possible. En effet, chez certains d’entre eux, c’est tellement rare, cela n’arrive pas tous les jours. Même si au départ notre ado ne parle que d’un prof ou d’un cours « chiant », cela suffit pour enchaîner sur autre chose par la suite. L’ado parle !

  1. Ecouter, reformuler et s’intéresser sincèrement dans la vie de l’ado

Les ados disent souvent « mes parents ne m’écoutent jamais ». Parfois ils veulent dire qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Mais le plus souvent ils ont simplement raison. Les cerveaux des parents sont pleins de listes. « Comment il faut faire, comment il faut être, comment il faut se comporter dans la vie pour réussir ». Du coup, ils ne sont plus capables d’écouter leur ado d’une façon impartiale. Si on veut avoir une bonne conversation avec notre ado, il convient d’abord de se vider la tête de nos préjugés, de nos opinions et même de nos espoirs.

Il s’agit d’avoir l’intention et l’intérêt sincère d’écouter notre ado, pour apprendre ce qu’il veut dire, sans juger et sans préjugés. Ceci n’est pas facile du tout ! Pour découvrir sa carte du monde, on pourra partir d’un postulat simple : notre ado est un expert en ce qui concerne sa vie intérieure. Au final, nous le connaissons pas si bien… Gardons donc notre opinion, donnons du temps à l’ado pour parler, sans interruption de notre part.

Pour bien écouter et vérifier notre compréhension, nous pouvons reformuler ce que notre ado vient de dire. Par exemple : « Donc si j’ai bien compris, tu dis que… et que ça te fais sentir… et que tu as besoin de… ». Ce genre de reformulation permet à l’ado de réfléchir à ce qu’il vient de dire, de préciser des points importants et de se sentir compris et entendu. En plus, nous pourrons vraiment apprendre quelque chose d’important de l’ado ou sur l’ado.

Et si nous écoutons vraiment notre ado… nous donnons le bon exemple et il nous écoutera parfois à son tour ! Si, si !

  1. Poser des questions neutres et ouvertes

Neutre ne veut pas dire « froide » ou « distante ». L’art est de poser des questions qui stimulent l’ado et le poussent à continuer de parler. A en dire un peu plus. Les questions ouvertes commencent toujours par « Que, Qui, Quoi, Comment, Où, Quand, Combien ».  Ce sont des questions qui creusent, sans juger, laissant beaucoup de place à une réponse nous permettant de mieux comprendre notre ado (en plus il est impossible de répondre par un simple oui ou non…).

Attention avec la question « Pourquoi ». Cette question est souvent trop dans le jugement pour un ado, comme si nous ne trouvions pas bien ce qu’il a dit juste avant. Si nous souhaitons comprendre ses raisons, il faut mieux demander par exemple « Et à ce moment-là, qu’est-ce qui t’a amené à prendre cette décision ? » ou encore « Et pour toi, quel était la raison principale pour y aller quand même avec tes amis ? ». D’une manière générale, bannissez totalement le « pourquoi » et, s’il nous échappe, reformulez immédiatement par « je veux dire, comment… (ou de quelle façon, ou qu’est-ce qui …) ».

Pour relancer la conversation, nous pouvons aussi lui faire des questions avec des petites introductions qui montrent notre compréhension : « Ah, je m’imagine que ce n’est pas toujours facile de résister quand tous tes amis fument, comment tu t’y prends pour dire non ? ».

Une autre manière pour avancer une conversation avec un ado est de lui donner par moment des choix du genre « Et pour toi, est-ce plutôt ceci ou cela ? ».

Mais attention dans le contenu et l’introduction de nos questions à ne pas psychanalyser notre ado. Il n’a pas besoin d’entendre de nous ce qu’il ressent ou bien le pourquoi et le comment de ses actions et émotions. L’ado déteste le parent qui croit savoir mieux que lui. Il se déconnectera tout de suite si la question ou la phrase venant de l’adulte contient du jugement, une opinion sur lui ou une psychanalyse qui ne lui plait pas. « De toutes façons, tu n’as aucune idée comment je me sens ! ». Et c’est la fin de la discussion…

  1. Arrêter d’interroger l’ado

Poser des questions ne veut pas dire interroger. Une pluie de questions mettra notre ado mal à l’aise et il se fermera rapidement. Laissez parler l’ado, répondez avec des « Mmmm, ah oui, je comprends », puis enchaînez avec « Et cette situation avec tes amis, c’était comment pour toi ? ».  La dernière partie de cette phrase peut paraître un peu artificielle, mais elle donne souvent des réponses surprenantes !

Surtout avec un ado qui ne parle pas facilement, il est très tentant d’aborder tous les sujets d’un seul coup quand enfin il se met à parler. Il est important de résister cette tentation, car il est probable que notre ado se referme aussitôt puis qu’il ne parlera plus la fois d’après : « Si je commence ce genre de discussion avec ma mère/mon père, ça continue pendant des heures et je ne peux plus m’en débarrasser… donc je n’ai plus envie de parler avec eux, j’évite ».

En général, il est donc mieux d’aborder un seul sujet à la fois. Pour commencer, nous pouvons tout simplement nommer le sujet : « Je voudrais parler avec toi de tes devoirs pour ce weekend ».

  1. Mettre l’ado en sécurité

Parfois nous allons apprendre des choses qui ne nous plaisent pas. Evidemment, il n’est pas toujours possible de rester neutre dans ces cas. Surtout quand il s’agit de sujets sensibles (cigarettes, alcool, drogues, résultats scolaires, sexualité, etc…). Mais, ici, le secret est de rester modeste et humble. Les discussions sur les sujets sensibles sont souvent difficiles, car notre ado se demande ce que nous allons penser de lui lorsque nous aurons entendu toute l’histoire. Donc, plus nous restons neutre, sans juger, plus notre ado se sentira en sécurité pour nous en dire plus.

Ne proposons surtout pas tout de suite nos solutions et conseils ! Si bien intentionné que nous sommes sans doute, notre ado n’entendra qu’une seule chose : «  je suis un adulte, je sais mieux que toi ». Nos ados sont allergiques à cette attitude parentale.

  1. Eviter des messages doubles

Beaucoup de questions sont des pseudo-questions. « Veux-tu mettre la table ? ». « Non, pas envie, je chatte avec mes amis sur Facebook. ». « Ben, moi je cuisine, donc peux bien mettre la table ». La première question n’était donc pas une question, c’était une demande. Si on pose une question à un ado, il faut accepter qu’il réponde par « non ». Si on accepte ce « non », il est plus probable que l’ado réponde parfois par « oui ». Les ados aiment pouvoir décider pour eux-mêmes, plutôt que de devoir faire les choses et d’être manipulé par des messages doubles.

Nous pourrions par exemple lui donner un choix illusoire : « Jean, préfères-tu mettre la table maintenant ou 5 minutes avant de manger ? ». Le message n’est pas double, nous voulons qu’il mette la table, mais il a le choix sur le timing…

  1. Oser montrer ses propres émotions

Beaucoup de querelles avec nos ados traitent de sujets comme les devoirs, l’heure pour rentrer le soir, le temps passé sur internet, etc… Souvent le souci du parent n’est pas vraiment le sujet, c’est plutôt la peur qu’il ressent et qui se trouve derrière le sujet.  Par exemple, nous avons peur que notre ado échoue à l’école et qu’il aura du mal à trouver un travail. Nous avons peur qu’il lui arrive quelque chose lorsqu’il sort tard le soir. Nous avons peur qu’il devienne accro aux jeux en ligne et qu’il rencontre des gens dangereux sur internet.

Plutôt que de dire « tu le fais car je le dis », il est beaucoup plus efficace de montrer et d’expliquer ses propres émotions et peurs quand on met en place des limites pour l’ado. Les ados sont beaucoup plus sensibles aux émotions qu’aux arguments rationnels.

Et utilisons le « je » au lieu du « tu » en exprimant nos émotions. Au lieu de dire « tu es encore en retard », disons « je me fais des soucis quand tu es en retard ». La différence paraît toute petite, mais pour un ado elle est énorme !

De plus, même s’ils font mine de s’en moquer, ils sont flattés, touchés que l’on s’inquiète pour eux. Ils sont tellement persuadés que personne ne les aime !

  1. Utiliser le pouvoir de résolution de l’ado

Ce que les adultes appellent des ententes (plus ou moins démocratiques) sont souvent de simples règles de conduite imposés.  Même si notre ado est d’accord avec les règles, cela ne veut pas du tout dire qu’il est vraiment d’accord. Il va dire « oui » pour qu’il n’ait plus besoin d’en parler avec nous, puis il fera ce qu’il a envie de faire… Et oui.

Il faut toujours tenir compte du fait que les ados se hérissent dès que les adultes leur font sentir qu’ils savent mieux qu’eux. Il est donc plus efficace d’ouvrir le sujet, de dire ce que nous trouvons important, puis de bien écouter les ressentis et arguments de l’ado. Par la suite, nous pouvons lui dire qu’il a la capacité de résoudre la situation en ajoutant « et qu’est-ce que tu proposes faire et que voudrais-tu que je fasse ? ».

Ceci lui permet de prendre une part de responsabilité en proposant une solution. Il se sent donc pris au sérieux et il est très probable qu’il vienne avec une bonne proposition nous permettant de nous mettre d’accord. En tout cas, d’avancer concrètement sur le sujet. Un autre bon « truc » est de lui dire : « Et toi, si tu étais à ma place, que ferais-tu si tu étais confronté à cette situation ? ». On sera surpris de la maturité, voire de la sévérité, de certaines réponses !

Mais que faire quand notre ado propose une solution inadaptée ? Nous pouvons lui dire tout de suite que ce n’est pas une bonne idée, que ça ne fonctionnera pas. Mais cela aboutit à clôturer toute conversation avec notre ado et le repousser dans son isolement habituel. Nous pouvons aussi essayer de répondre d’une manière plus constructive. Posons des questions, toujours des questions (ouvertes svp). Prenons les arguments de notre ado au sérieux et regardons ensemble la faisabilité des différentes solutions. Notre ado apprendra à peaufiner ses pensées et ses analyses et il est probable qu’il comprenne de lui-même que sa solution n’est pas optimale.

Parfois, il sera aussi possible de dire tout simplement : « Vas-y, essaie. Comme ça tu verras si ça marche ». Au final, sa solution pourrait marcher, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. En plus, nous faisons confiance à la capacité intellectuelle et émotionnelle de notre ado en lui laissant découvrir la bonne solution par simple expérimentation et d’apprendre de ses propres erreurs. Il sera beaucoup plus fier de lui quand il réussit.

  1. Parlons à notre adolescent de son comportement sans juger sa personnalité

Souvent les parents font l’erreur quand ils sont en colère de critiquer le caractère de leur ado. « Voilà, encore en retard. Tu es vraiment un menteur et tu penses jamais aux autres ». Une telle attaque sur sa personnalité laissera notre ado sans paroles, ou bien il se rebellera contre autant d’incompréhension et injustice en claquant sa porte.

Au lieu d’attaquer sa personnalité (« tu es »), il convient de lui parler de notre ressenti par rapport à son comportement. « Je suis déçu(e) que tu sois rentré une heure trop tard, parce que tu ne respectes pas nos accords. Que proposes-tu faire pour rentrer à l’heure la prochaine fois ? ».

Il est également contreproductif de comparer notre ado à d’autres ados pour obtenir ce que nous voulons. C’est un jugement de valeur quand on fait ce genre de comparaison et c’est injuste du point de vue de notre ado. Donc, les phrases comme « tu sais, Marie fait aussi toujours ses devoirs en avance, elle est tellement intelligente » sont à proscrire.

  1. Mettre en place des limites claires et justes

Punir ne fonctionne plus, certainement pas pour les ados de 15, 16 ans. Si notre ado n’est pas d’accord avec les règles mis en place, il peut demander à en parler. Mieux, nous pouvons proposer une table ronde. Cela lui donnera de la responsabilité pour la détermination des règles.

Néanmoins, parfois les parents doivent poser des limites, sans argumenter pendant des heures. Dans ces cas, il suffit de dire « Nous sommes tes parents et nous trouvons ceci important. Très important. » Nous allons peut-être rencontrer un peu de résistance, mais sachez qu’en même temps la plupart des ados l’apprécient quand les parents posent des limites claires et justes. Bien évidemment, ils ne vont jamais l’admettre en public…

  1. Comprendre la carte du monde de l’ado, se mettre à sa place

Les ados sont comme les autres êtres humains, si, si, vraiment ! Ils ont des émotions et des besoins. Et ces émotions et besoins valent autant que ceux des adultes. Pour avoir un bon lien avec l’ado, il est important de comprendre sa carte du monde, de se mettre à sa place et de le respecter avec ses différences. Parfois il faut se dire : je trouve cela important, mais mon ado a le droit de penser autrement. A sa façon unique.

  1. Faire confiance

Souvent les parents disent que leur enfant doit « gagner de la confiance ». Pourtant, les ados préfèrent que l’on leur donne cette confiance, puis ils vont prouver qu’ils la méritent effectivement. Si nous donnons notre confiance, notre ado peut expérimenter, apprendre le monde, se développer. Mais surtout, il se sentira responsabilisé, traité en adulte. Super fier.

En même temps, nous pouvons expliquer à notre ado qu’il n’est pas facile pour nous de donner toute cette confiance. Qu’il n’est pas évident d’être le parent d’un ado. Que nous apprenons à être le parent d’un ado, que nous pouvons lui faire confiance, que nous n’avons plus besoin de le protéger tout le temps…

Et si notre ado abuse de notre confiance, en mentant ou en trompant, il faut lui dire que cela nous attriste suivi par « comment vas-tu faire pour que je puisse te redonner ma confiance ? ».

  1. Accepter que notre ado ne raconte pas tout

Notre ado n’a simplement plus envie de parler de tout avec nous… cela fait partie de grandir ! Nous sommes parent et pas son ami(e) ou un copain. Cette distance est importante pour un ado qui a besoin de créer sa propre identité. Partager l’intimité se fait avec des gens de son âge, pour les ados et pour les adultes. Depuis combien de temps ne disons-nous plus tout à nos propres parents ?

  1. Ne pas se sentir offensé

Les ados aiment beaucoup donner leur opinion, discuter pendant des heures de leurs sujets favoris (le plus souvent, en rapport direct avec eux-mêmes, c’est l’âge du nombrilisme). Ecouter les autres ou les opinions des parents est toute autre chose… « Ça ne m’intéresse pas… ».  C’est normal ! Il ne sert à rien de se sentir offensé quand il ne s’intéresse plus à notre opinion, il suffit d’être patient. C’est plutôt bien qu’il écoute d’autres que nous pendant l’adolescence. Puis plus tard il reviendra probablement plutôt vers nos opinions qui l’ont accompagné pendant son enfance…

  1. Montrer son appréciation sincère

Donner trop de compliments est inutile car notre ado ne nous croira plus. Il faut mieux lui dire ce que nous le voyons faire/dire, puis lui dire ce que nous aimons dans ses actions ou propos. Par exemple « C’est vraiment gentil d’avoir raccompagné ta copine chez elle, comme ça elle se sent en sécurité le soir ».  Ce type de compliment concret fonctionne très bien chez les ados, ils se sentent vus et appréciés en même temps !

  1. Parler en étant actif

Il est souvent plus facile pour un ado de parler en état actif, sans se regarder directement dans les yeux. Surtout si c’est un garçon. Par exemple, en faisant des réparations, en essuyant la vaisselle, en bricolant, en nettoyant, ou bien en se faisant les ongles, en préparant un plat, etc… La conversation sera plus fluide, moins solennelle et nous  augmentons sensiblement la probabilité d’arriver à un véritable échange.

Puis profitons-en pour demander si notre ado a une idée comment faire ce que nous sommes en train de faire ensemble d’une façon encore plus rapide ou efficace. Il en sera valorisé ! Et nous donnera peut-être de bonnes idées auxquelles nous n’avions pas encore pensé…

  1. Etre fiable

Il est impossible de toujours appliquer les règles. Et en plus, laisser de temps en temps un peu plus de l’attitude à notre ado lui fait du bien. Mais être fiable est toute autre chose. Il s’agit de faire sentir à notre ado qu’il peut toujours venir chez nous quand il en a besoin. Même si nous ne sommes pas d’accord avec son comportement. C’est nous qui devons être fiable pour lui !

  1. Rire ensemble !

Communiquer avec les ados est en général « serious business ». Souvent nous sommes au bord des nerfs, proches de l’affrontement armé. Et si nous mettions tout en œuvre pour développer d’avantage notre capacité d’en rire ensemble, de se taquiner un peu par rapport à nos faiblesses respectives et de s’amuser tout en cherchant des solutions ? Cela serait quand même beaucoup plus agréable !

  1. Et si tout ça ne fonctionne pas ?

Parfois, il est tout simplement mieux de stopper la discussion pour revenir plus tard sur le sujet. Cela permet à l’adulte et à l’ado de réfléchir calmement, de développer ou modifier leurs positions et leurs pensées. Si par moment, il est impossible de parler, on peut essayer de communiquer temporairement par sms, e-mail ou par une petite lettre laissée sur l’oreiller. Ecrire permet de formuler sans agressivité, lire permet de prendre en compte les mots d’une façon plus détachée sans devoir réagir tout de suite.

Et si ça ne fonctionne toujours pas, nous pouvons tout simplement dire à l’ado qu’il est important pour nous, que nous essayons de comprendre, que nous aimerions pouvoir parler avec lui et surtout, surtout que nous l’aimons.

 

 

Si notre ado est déjà parti dans un comportement néfaste…

Exemple : notre ado ne se comporte pas comme on veut, il n’adhère plus à nos valeurs, nous n’avons plus d’influence sur ses choix.

Avant tout, il convient d’admettre que cela n’est pas uniquement un problème de l’ado. C’est un problème concernant toute la famille ! Donc il faut mettre en place une solution familiale associant les parents à l’ado plutôt qu’une mise en opposition.

Punir, juger, pousser notre ado pour le convaincre à changer ne fonctionnera pas et donnera le résultat contraire à ce que nous recherchons… Donc que mettre en place ?

Voici quelques idées :

  1. La priorité est de réengager au plus vite avec notre ado (il ne parle plus, le lien émotionnel est brisé, la connexion a disparu, il s’isole, nous fuit, ment, etc…).
  2. Pour ce faire, nous devons d’abord dépasser notre déception que l’ado ne fasse pas les bons choix (à notre avis), qu’il nous rejette, qu’il ne respecte plus nos valeurs et/ou croyances, qu’il ne soit plus notre « petit bonhomme parfait » ou « notre petite princesse parfaite ». Faire le deuil de l’enfant qui est devenu aujourd’hui un ado impossible à gérer.
  3. A un moment calme, on pourra s’asseoir et dire « je ne sais pas tout ce que tu ressens, je ne comprends pas tous les choix que tu fais, mais tu fais partie de cette famille et je t’aime ».
  4. « Je suis désolé que j’étais agité et frustré, je regrette de ne pas t’avoir assez écouté, de t’avoir laissé gérer les choses tout seul ».
  5. « Quand j’ai découvert que tu fumais/buvais/te droguais/avais des mauvaises notes à l’école, je ne savais pas quoi faire, mais je sais que je veux parler avec toi, que je veux entendre ce qui t’occupe, comprendre ce qui se passe pour toi, savoir comment tu te sens par rapport à tout ça ».
  6. « Tu sais que je ne pourrai pas te dire que je suis d’accord avec ce que tu fais, pour moi ce n’est pas o.k. ».
  7. « C’est parce que je t’aime, que je me soucie de toi, que je veux savoir ce que tu vis ».
  8. « J’aimerais comprendre les raisons pour lesquelles tu fumes ? » (boives, te drogues, fugues,…)
  9. Puis ne pas juger la réponse, pas du tout. Pour un ado, juger = punir, c’est comme une gifle. Ceci est l’étape la plus compliquée pour les parents. Nous avons tellement pris l’habitude de juger, mais c’est justement notre jugement et l’absence d’une vraie communication qui ne cesse de repousser (entre autres) notre ado vers les mauvaises habitudes.
  10. Pour vraiment comprendre, poser calmement des questions ouvertes pour mieux cerner ce qui se passe (que, quoi, qui, comment, quand, combien, où, …). Essayer de comprendre la carte du monde de notre ado, de gentiment creuser le sujet. Ex : « Je m’imagine que ça doit pas toujours être facile quand on est en groupe, comment tu fais pour dire non ? »
  11. Attention: ce n’est pas un interrogatoire, sinon notre ado ne dira plus rien du tout.
  12. Eviter : toutes les questions commençant pas « Pourquoi ». Ceci est une question de jugement par définition et ce genre de question donnera tout le contraire de ce que nous essayons de faire.
  13. Finir: « Merci d’avoir partagé tout ça avec moi, ça me fais du bien de mieux comprendre ». « Maintenant, je comprends comment tout cela a du sens pour toi, dans ton cerveau à 14 ans, dans ta vision des choses et dans ta vie sociale ».
  14. Il faut résister à prêcher le changement, sinon nous mettrions ce tout nouveau lien en péril.
  15. Si possible, prendre l’ado dans nos bras, ou toucher son bras/main. Redire que nous l’aimons. Il sait déjà qu’il doit changer les choses.